DÉMARCHE ARTISTIQUE

Françoise Lafortune aborde la toile de façon abstraite, sans toutefois que l’abstraction soit une fin en soi.

LE VISAGE DERRIÈRE LES ŒUVRES...

Françoise LafortuneFrançoise Lafortune a commencé à peindre au milieu des années soixante. Son expérience à l’atelier du frère Jérôme lui permet de baigner dans une atmosphère où la liberté d’expression règne en maître. Elle s’initie là aux différents médiums. Elle constate que peindre peut servir à exprimer une part d’inconscient car la toile traduit souvent l’émotion du moment sans que la décision de le faire en soit prise.

Par la suite Françoise sent le besoin d’apprendre des techniques de dessin, de formes et de couleurs. À l’atelier de Caroline Archambault à Saint-Sauveur, Françoise poursuit ses recherches sur le jeu de croisement entre formes et couleurs, entre la nuance et l’affirmation du geste.

De son intérêt pour le Tai Chi et le Qi gong, qu’elle pratiquait depuis plusieurs années, est parallèlement né un désir d’explorer davantage la pensée orientale en s’adonnant à la calligraphie. Ce travail sur la répétition et la précision du geste rejoint et encadre son besoin d’une démarche plus intérieure, plus méditative dans l’acte de peindre. Attirée par le monde intérieur, Françoise n’en reste pas moins aux prises avec une révolte, une passion difficilement réconciliable avec les nuances.

Françoise Lafortune aime aborder la toile de façon abstraite mais pour elle, l’abstraction, n’est pas le but en soi de la démarche. C’est une façon de travailler la toile jusqu’à ce qu’une histoire surgisse, aussi fugitive qu’elle puisse être. Sa recherche vise à laisser parler le plus librement possible ce qui cherche à s’exprimer en travaillant à unir la sensibilité et la nuance à la passion et à la révolte. Tentative de duo unifié. Duo simplifié à travers le langage des ombres et de la lumière, et à travers les formes qui surgissent sans crier gare. Son travail en est un de libération du geste dans une recherche de structure unifiée et cohérente. Les peintres qui l’inspirent et l’intéressent, Wang Yan Che, Fabienne Verdier, Emil Nolde et Milshtein, ont en commun d’exprimer force et sensibilité, que ce soit dans l’abstrait ou dans une figuration proche du graffiti.

Pour Françoise, peindre demeure une tentative toujours renouvelée de conciliation entre des pôles opposés.

" Peindre est une façon d’exprimer une part de l’inconscient car la toile traduit bien souvent l’émotion du moment. "